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Match de l'économie
François Beaudonnet : [...] "Son rival, éternel n°2, s'appelle Chèque-Déjeuner, une coopérative détenue par ses salariés. La bataille se joue donc entre une multinationale et une entreprise à caractère social. Chez Chèque-Déjeuner, ce sont, par exemple, les employés eux-mêmes qui élisent leur patron tous les quatre ans ..."
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L’entreprise de demain sera participative (le point de vue de Thierry Jeantet et François Soulage).
La démocratie participative a est à l'ordre du jour. Pas seulement dans le champ politique, au sein duquel les citoyens veulent jouer un rôle qui ne se réduit plus à celui d'électeur, mais aussi dans le champs économique. Comment s'en étonner dans une époque où le consommateur tend à vouloir devenir un acteur, exige de plus en plus d'influer sur la conception des produits et services, s'interroge même sur la façon dont ils sont fabriqués, distribués ω Où «l’intelligence des salariés» est de plus en plus reconnue comme constituant un « capital humain » dans l'entreprise, relativisant le poids du seul capital financier. Où le souci de réconcilier le tandem social-économie se fait de plus en plus souvent sentir sur le « terrain ».
Cette triple évolution incite politiques, syndicalistes, entrepreneurs à réfléchir à ce que peut être l'entreprise de demain, capable de faire participer plus directement ces partenaires a sa stratégie, voire à la maîtrise de son fonctionnement.
Or ce « modèle » d'entreprise existe en France mais aussi dans le reste de l'Union européenne et d'ailleurs sur tous les continents. II organise une participation complète des personnes - partenaires à la gestion même de l'entreprise. Selon des critères précis : démocratie (une personne, une voix), juste répartition des excédents, propriété partenariale solidarité... associant donc, principalement, des consommateurs ou des salariés ou encore des entrepreneurs indépendants (commerçants détaillants, artisans, agriculteurs...). Sur la base de ce modèle, depuis longtemps et avec de très grands succès dans des secteurs très concurrentiels, se développent des entreprises de consommateurs fondées sur une analyse permanente de leurs propres besoins comme le sont la Macif, la Maif ou la Matmut (mu- mutuelles d'assurances), le Crédit Coopératif et les Banques Populaires, le Crédit Mutuel (banques coopératives), la MGEN (mutuelles de santé), mais aussi des coopératives de consommateurs. Et, parallèlement, de puissantes associations d'usagers dans les domaines sociaux (Uniopss), du tourisme (Unat), du sport , les dernières-nées étant celles de services à domicile. Le « consom'acteur» est déjà à l'œuvre ! Avec ce même modèle d'économie sociale, la véritable entreprise participative
de salariés rencontre un intérêt renouvelé : la société coopérative de salaries (Acome, Chèque Déjeuner…) a le grand avantage d'allier participation à la gestion et « participation raisonnée» aux résultats dans une logique que ne peut établir le texte législatif présenté par le gouvernement : trop timide, celui-ci reste en effet trop axé sur lui une participation essentiellement financière. Il existe aussi des groupements coopératifs d'entrepreneurs permettant à ceux-ci de s'épauler et d'innover (Système U, Best Western. .), répondant ainsi aux défis du marché de plus en plus mobile.
L'économie sociale que constituent ces entreprises (12% du PIB) est devenue en quelques années un acteur incontournable d'une économie ouverte et donc forcément plurielle. Puisque la participation de tous est prônée par les politiques, il est temps que celles et ceux qui se présentent aux suffrages citoyens prennent conscience qu'il existe des «entreprises a prises gouvernance partenariale » (coopératives, mutuelles, associations), acceptant pleinement le marché, mais répondant à des objectifs élargis d'efficacité : sociaux, civiques, environnementaux, à caractère durable (pas d'actionnaires a rémunérer ou à surémunérer au jour le jour), stable (pas de tentation de délocalisation pour des raisons financières), solidaire (entre les partenaires et vis-à-vis de la société) et innovant (proximité constitutive avec ses consommateurs ou salariés ou entrepreneurs indépendants). Des entreprises d'économie sociale lancent ce 19 janvier un texte en faveur de celle-ci déjà signé par plusieurs présidents ou directeurs de coopératives, mutuelles, associations.

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